Le camouflage animalier en pratique

Les techniques du camouflage animalier

  1. Connaître et respecter

    Selon votre choix, soit vous attendrez que les animaux viennent à vous (affût) soit vous prospecterez en essayant de localiser les animaux (billebaude ou approche). Dans tout les cas il faut avoir conscience que si vous les dérangez accidentellement :
    – Ils fuiront et vous ne pourrez plus les photographier
    Vous les mettrez en danger, soit directement en menaçant la progéniture, ou en perturbant la reproduction, l’alimentation… Il faut bien imaginer que vous n’êtes pas le seul à provoquer des dérangements mais aussi des promeneurs, les métiers associés à la forêt, les chasseurs, les pêcheurs, et les autres photographes…

    C’est aussi pourquoi je trouve qu’il est intéressant de faire de la photographie animalière des moments de partage. En effet, aider un novice est le meilleur moyen de prévenir le dérangement et de lui transmettre les valeurs que vous vous êtes forgées avec le temps.Photo d'une grande aigrette

  2. Placement sous le vent et gestion de son odeur

    Comme vu précédemment, les mammifères sont très sensibles aux odeurs, c’est probablement leur sens le plus développé. Avec l’expérience vous vous rendrez vite compte à quel point cela est vrai. Il m’est déjà arrivé qu’un chevreuil me tourne autour à quelques mètres seulement, sans se douter de rien, jusqu’à ce qu’il passe sous mon vent. A ce moment là il sent votre odeur et détale en quelques secondes sans même que vous ayez pourtant bougé.
    Pour se déplacer et observer il faut donc :
    se mettre sous le vent,de l’animal afin que votre odeur soit emportée derrière vous, mais surtout pas dans la direction de l’animal. Pour connaître à tout moment le sens du vent, vous pouvez accrocher à votre objectif une ficelle très légère ou encore utiliser une poire soufflante remplie de talc, qui vous révèlera les plus légers courants d’airs.
    avoir une odeur la plus neutre possible (vêtements lavés sans lessive, pas de parfum, de cigarette, d’odeur d’autres animaux…). Certains préconisent de ne pas se doucher. Ce n’est pas mon avis, qui est plutôt de se laver avec un savon non parfumé et de partir sans déodorant. L’idée est de ne pas avoir d’odeur mais pas forcément de sentir le bouc comme certains le pensent.
    avoir des vêtements dédiés qui feront l’objet d’un lavage séparé et seront rangés à l’abri des « contaminations ». Ils peuvent être rangés dans un sac avec des végétaux pour les imprégner d’odeurs naturelles, mais ce n’est pas une nécessité à mon sens.

  3. Limiter les gestes

    C’est probablement le plus difficile, il faut essayer de se mouvoir à la manière d’un félin. Pas feutrés, et attention aux brindilles sous les pieds. Les animaux peuvent vous détecter certes à la vue mais sont encore plus vigilants au mouvement. Finalement le plus simple c’est de se dissimuler derrière quelques chose, c’est le rôle de l’affût. Il peut être pliable ou alors constitué d’un simple filet de camouflage, un outil à la fois léger et versatile pour réaliser des affûts simples.

    Lors d’une approche, les déplacements doivent un peu ressembler au jeu « Un, deux, trois, soleil » : ne vous déplacez que lorsque l’animal s’alimente ou regarde ailleurs. Et attention car il essaiera de vous feinter (très commun avec biches et chevreuils).

  4. Être silencieux

    Si la vue varie d’une espèce à l’autre, en revanche aucune n’est sourde, bien au contraire. Il faut donc progresser silencieusement mais aussi :
    – porter attention aux bruits de déclenchement. Certains boîtiers sont équipés d’un mode silencieux. Pour les autres, on peut acheter ou fabriquer une housse silencieuse pour amortir le bruit.
    Surveiller son auto-focus : selon le type de motorisation, un auto-focus qui patine peut faire beaucoup, beaucoup de bruit. Choisissez selon la situation entre le manuel et l’AF.

    Une photo de deux ragondins prise en affût billebaude

  5. Cacher la peau

    La peau blanche contraste beaucoup et elle est associée à l’humain par les animaux. Avant même vos vêtements, cagoule en filet et gants devraient être les premiers accessoires de votre panoplie pour vous camoufler.

  6. Porter des vêtements foncés ou camouflés

    Et ne pas laver ces vêtements à la lessive !
    En plus de laisser un parfum très tenace, cette dernière contient généralement des azurants optiques, un composé chimique fluorescent qui renforce le réfléchissement de vos vêtements, peut-être décelable par les animaux. Ce sont ces agents chimiques qui servent à rendre le linge blanc, mais il vous augmenteront les reflets UV si vous les utilisez sur vos vêtements.

    Les meilleurs camouflage sont probablement les combinaisons de type camo 3D ou ghillie suit. S’il est vrai qu’elles sont redoutablement efficaces, il faut les mettre en regard avec leur encombrement et leur poids par rapport à un simple filet de camouflage qui permet de monter un affût rapidement et facilement. Le problème c’est qu’en été elles ont l’inconvénient de tenir beaucoup trop chaud.

    Au sujet de la couleur : je vous propose une petite réflexion sous forme d’interrogation. Pourquoi les camouflages sont souvent à dominante verte alors que les animaux sont presque tous marron ou gris ?

  7. Choisir son emplacement

    L’emplacement et l’arrière plan joue pour beaucoup à la qualité d’un camouflage. Il convient de choisir un environnement dans lequel il est facile de se fondre, tel que des fougères ou une haie sauvage. De plus, il est plus efficace de se mettre à l’ombre. En se positionnant lumière dans le dos, vous avez la possibilité à la fois de profiter de l’ombre, mais aussi d’avoir une lumière éclairant votre sujet. Par la même occasion, l’animal sera éblouit quand il regardera dans votre direction, ce qui renforcera votre camouflage.

    Là où ça se complique, c’est que le vent ne vous permet pas toujours de vous placer dans ces conditions. Il conviendra alors de trouver un compromis entre le positionnement sous le vent et la recherche de la bonne lumière.

    Photo d'un cerf en affût

  8. Casser la forme

    Tant pour les humains que pour les animaux, la silhouette en A est facilement identifiable. Pour masquer cette structure, en plus des vêtements, il suffit de se rapprocher du sol, assis ou accroupis. Cela fonctionne vraiment bien, une fois couché les chevreuils seront plus curieux qu’apeurés… jusqu’à ce qu’ils vous sentent !
    Tout ce qui est à même de briser la forme est intéressant, et c’est le fonctionnement des tenues 3D et ghillies, les éléments rapportés créent une impression de texture et suppriment les démarcations nettes. Attention toutefois à conserver une certaine homogénéité dans votre camouflage. Il faut que l’ensemble de vos éléments soient à peu près harmonieux pour que l’œil « n’accroche » pas dans votre camouflage.

    Pour ce qui est de l’objectif, vous pouvez facilement lui faire un « ghillie tube » avec une chaussettes et des brins de laine. Je vous laisse apprécier le résultat :

    Photo d'un objectif 300 mm camouflé en ghillie

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